Des larmes, oui, mais jusqu'à quand ?

Des larmes, oui, mais jusqu'à quand ?

J'ai choisi ce titre pour ma pensée, car c'est une question que je me suis moi-même posée pendant longtemps. Et, pour vous qui vivez un deuil, je suis certaine que vous avez le même questionnement. Alors qu'aujourd'hui nous parlons de la perte d'un être cher, je vous rassure que je parle d'expérience et non en théorie. Je ne vous parle pas de choses que j'ai entendues, mais de choses que j'ai moi-même vécues.

J'ai perdu mon père 2 mois après mon 17e anniversaire, pendant la période de Noël, plus précisément le 27 décembre à 12:27 AM. Cette journée et tous les détails entourant ce moment sont pour toujours gravés dans ma mémoire. Son décès fut une épreuve brutale pour toute ma famille. Nous étions nouvellement immigrants ici au Canada, sans aucun repère ni assise. Nous avons pleuré et nous étions confus face à l'avenir. On se posait les questions : “Que va-t-on devenir? Y a-t-il un lendemain pour nous ?”

Notre père était notre pourvoyeur, notre protecteur et parapluie. Pour moi personnellement, c'était un ami, j'étais très proche de lui. Et j'étais comme vous qui avez perdu un être cher : vous êtes dans un état second en ce moment et vous vous demandez si vous pourrez encore rire de bon coeur un jour, si vos larmes cesseront un jour.

En 2017, j'ai vu plusieurs parents enterrer leurs enfants. J'ai personnellement accompagné les parents d'un garçon de 4 ans au cimetière. Ils étaient inconsolables. Quelques mois après, j'ai accompagné une autre famille de notre Église dans les mêmes circonstances. Leur fils de 19 ans venait de rendre l'âme de façon accidentelle. Perdre un être cher est une épreuve extrêmement difficile. Il n'y a pas de mots pour décrire la souffrance qu'on éprouve à ce moment-là.

La mort, ce que la Bible en dit

C'est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, jusqu'à ce que tu retournes dans la terre, d'où tu as été pris; car tu es poussière et tu retourneras dans la poussière. (Gen 3:19)

La mort est la fin de toute vie. Nous sommes nés, nous vivons, et finalement nous mourrons. Le Psaume 90:10 nous dit : Les jours de nos années s'élèvent à soixante-dix ans, et, pour les plus robustes, à quatre-vingts ans; et l'orgueil qu'ils en tirent n'est que peine et misère. Car il passe vite, et nous nous envolons.

Dans les psaumes, nous lisons que Dieu est souverain. En nous envoyant dans le monde, il a fixé le nombre de jours de chacun d'entre nous : Quand je n'étais qu'une masse informe, tes yeux me voyaient; et sur ton livre étaient tous inscrits les jours qui m'étaient destinés avant qu'aucun d'eux n'existât. (Ps 139:16)

Les étapes du deuil

La perte d'un être cher est, sans aucun doute, l'un des événements les plus pénibles que l'on puisse vivre. Si chaque personne vit son chagrin à sa manière, tous passent par les étapes du deuil.

Le choc / le déni

À l'annonce de la mort, on entre dans une sorte de bulle. On se sent anesthésié et détaché. On se sent exclu de la vie normale. On se demande pourquoi lui/elle? Pourquoi ça m'arrive à moi?

La colère

On en veut à l'être aimé d'être « parti », on en veut à la vie, aux circonstances, au personnel médical, à Dieu, bref on ressent une vive colère. On trouve que cela est injuste.

Le marchandage / la négociation

On veut retrouver notre vie normale, notre vie « d'avant », et on est prêt à changer pour que cela arrive. « S.V.P. Seigneur, si tu changes la situation, je promets que… »

La dépression / la tristesse

La réalité nous rattrape. On comprend qu'on ne reverra plus jamais la personne décédée. La tristesse nous submerge et fait parfois place à la dépression.

L'acceptation

On a fait le deuil de notre vie avec le défunt, de notre vie d'avant. On s'habitue graduellement à notre nouvelle réalité.

Les chrétiens face à la mort

La Bible nous enseigne que la mort est notre dernier ennemi et qu'elle sera vaincue. Des larmes, oui ! Mais, tout en pleurant, nous devons garder l'espérance que nous avons en Christ : la mort ne représente pas la fin. Nous ne voulons pas, frères, que vous soyez dans l'ignorance au sujet de ceux qui dorment, afin que vous ne vous affligiez pas comme les autres qui n'ont point d'espérance. (1 Thess 4:13)

Parce que, oui, il ne suffit pas d'accepter les choses telles qu'elles sont, mais Dieu nous rajoute deux étapes de plus : LA CONSOLATION et la RESTAURATION.

Oui, le Saint-Esprit est le consolateur. Cette peine que vous ressentez en ce moment passera. Dieu est encore là, même dans le silence que la mort impose. Dans la solitude que la douleur impose, Dieu est encore là. Et nous qui sommes restés, nous comprenons que nous sommes passagers sur la terre et que ceux qui sont morts en Christ nous ont simplement précédés. Il est important de comprendre cela, parce qu'on peut rester figé à l'étape déni, dépression ou colère pendant des années. Alors que c'est légitime de pleurer, le Seigneur veut nous relever.

5 pas vers la restauration

Accepter d'avancer et vouloir s'en sortir. Il ne faut pas s'isoler, parce qu'on aura tendance à vouloir s'enfermer et rester dans son coin.

Se rappeler les promesses de Dieu. Héb 13:5 Il est le Dieu qui dit dans sa parole qu'il ne nous abandonnera point et ne nous délaissera point. Il faut donc recevoir la parole, nous approprier la parole et ses promesses.

La Prière. Elle est importante, et je vous encourage à prier que Dieu ouvre vos yeux sur le fait qu'il est amour et souverain. Alors que vous vivez ces temps difficiles, ne laissez pas l'ennemi vous faire croire que Dieu est injuste ou qu'il ne se soucie pas de vous, car c'est un mensonge. Dieu vous aime, et il y a un lendemain à cette douleur.

Les témoignages de ceux qui sont passés par là. Soit dans les livres ou dans notre entourage, il y en a d'autres qui ont aussi perdu un enfant, un époux/une épouse, un parent, un frère/une soeur, un ami, et qui peuvent vous comprendre et partager avec vous.

Le travail du Saint-Esprit. Psaumes 107:20 dit : Il envoya sa parole et les guérit. Le Saint-Esprit s'appelle le consolateur, et ultimement, lui seul peut faire ce travail de consolation, de guérison et de restauration.

La Bible nous relate l'histoire de Ruth qui perd son mari, alors qu'elle n'a même pas d'enfants suite à son mariage, alors qu'elle est encore dans la fleur de l'âge. Ruth choisit de quitter son pays, et alors qu'elle a perdu un être cher, elle en retrouve un autre en Boaz. Je ne veux pas dire par là qu'il y a un remplacement qui se fait, mais plutôt que le Seigneur, dans sa souveraineté, connaît notre lendemain et nous prévoit une consolation et une restauration.

De votre côté, il vous faudra prendre des décisions. Est-ce quitter l'appartement dans lequel se trouve tous vos souvenirs ? Est-ce changer la chambre à coucher, donner des biens au lieu de tout garder ? Car l'ennemi peut se servir de ces souvenirs pour vous rappeler votre peine chaque matin et vous faire ressentir même une culpabilité d'être en vie, ou même de rire ou de ne pas penser pendant un moment à la situation.

Je vous encourage à faire confiance à Dieu

Je vous encourage à vous tourner vers lui et à lui parler comme vous parleriez à un ami. Partagez-lui votre douleur et vos questionnements. Ne vous braquez surtout pas et ne vous mettez pas en retrait de Dieu. Au contraire, allez vers lui. Il vous attend à bras ouverts. Alors que vous êtes dans ce deuil et que tout semble si injuste, je veux vous dire que Dieu est amour et qu'il attend de prendre soin de vous. Dieu a un avenir pour nous qui sommes restés. Je vous le répète : il y a un lendemain à cette douleur.

Je vous le dis, je vous parle d'expérience. Ne vous arrêtez pas à me regarder telle que je suis aujourd'hui : articulée, instruite, mariée, maman, servant le Seigneur. Il y avait un avant tout ça. Il y a eu un temps de questionnement, de doutes, de colère, de peur, de désespoir. Mais Dieu avait un lendemain pour moi et il en a un pour vous aussi.

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